La Confiance comme préalable aux transformations managériales

confiance en entreprise

La confiance s’est invitée dans tous les débats : Vote de confiance pour les uns, confiance des marchés pour les autres, mode de gouvernance pour les derniers.. Nous n’y dérogerons pas !

Pourquoi le « management » dans nos entreprises nécessite-t-il que la confiance nourrisse les relations au travail ?

Avec trois verbes « Etre, avoir et faire », je vous propose d’explorer la question de la confiance pour l’intégrer comme élément préalable à une réflexion sur la transformation managériale et humaine d’une entreprise.

Confiance vient du latin cum (avec) et fidere (se fier), qui signifie littéralement « se fier avec» :

(Con-fier. Ce « confier » nous intéresse bigrement…nous y reviendrons plus loin.)

FAIRE CONFIANCE

Faire confiance, c’est faire preuve d’empathie, c’est s’ouvrir à l’autre dans sa spécificité, accepter ses aspérités et penser qu’elles ne seront pas nuisibles… Il y a quelque chose « d’à priori » dans le faire confiance. « Je fais confiance… On verra bien ». « Faire confiance » en management, c’est comme faire un « cadeau »…c’est offrir à l’autre « sa tolérance, sa bienveillance, son espérance, sa gentillesse. »

« Faire confiance », c’est aussi lâcher prise avec la figure « parentale » qui revient à penser que c’est parce qu’on est « derrière » les gens qu’ils travaillent…qu’un « coup de pied au c.. » ça n’a jamais fait de mal… que dès qu’on relâche la tension, les gens se laissent aller. Vous, ou autour de vous, .comptez combien de personnes qui sont vraiment des fainéants immatures et irresponsables en qui vous ne pouvez avoir confiance ? Vous avez maintenant votre réponse… et si la proportion est supérieure aux autres, réfléchissez à un coaching… Parce que penser qu’on est toujours entourés de gens mauvais et fainéants relève de l’accompagnement personnalisé !! ;-)

AVOIR CONFIANCE

Avec « Avoir » confiance, on quitte l’action de FAIRE (confiance) pour aller vers le matériel (AVOIR – POSSEDER).

C’est le mouvement « retour » du « faire confiance »…vous avez fait un cadeau? On vous en refait un… Vous pouvez maintenant avoir confiance. J’ai fait confiance, j’ai eu raison… J’ « ai » maintenant confiance. Cette confiance ; Je la possède. Elle est mienne, elle m’est revenue… C’est le contre-don. Avoir confiance, c’est donc la résultante d’une expérience. Avoir confiance, en management, c’est apprendre à vivre l’expérience relationnelle avec un présupposé positif. Bien sûr, sans angélisme, il y a parfois des moments où l’on est déçu. Mais est-ce pour autant que la confiance doit être ébranlée? Heureusement qu’à chaque fois que je me suis trompé, on a continué à me faire confiance, car cette confiance m’a permis d’avoir confiance en moi, dans ces moments durs et troubles…la confiance est précieuse. C’est elle qui, lors des transformations et des changements va donner et alimenter l’espoir…

ETRE CONFIANT

« Etre » confiant…On passe enfin du matériel au spirituel. L’ »état » de confiance induit la nature d’une relation profonde, sereine, nourrie avec soi d’abord…et donc avec l’autre ensuite.

« Etre » confiant c’est la résultante, la combinaison d’un « faire » et d’un « avoir » confiance. Les deux, en même temps, font de moi un « être » en confiance.

La relation de travail est une relation exigeante, souvent dure, qui éprouve la confiance…éprouve…épreuve…car il s’agit bien de cela. Le quotidien est parfois « épreuve » pour la confiance.

C’est « l’action » qui témoigne. Avoir confiance en un patron, en un collaborateur, à priori, tout le monde peut le faire. Mais que disent leurs « actions » ? Il me semble que pour sortir des querelles managériales stériles, il faut vérifier « l’intentionnalité » de l’action. « Je t’ai fait confiance ! J’avais confiance en toi. Tu m’as trahi(e) ? »

Ce qui brise la confiance en management, çà n’est pas forcément l’action en elle-même, mais « l’intention » qui l’a précédée. Est-ce que je peux encore avoir confiance… Faire confiance à mon patron, à mon collaborateur ? Mais quel autre choix ai-je …réellement ? Donc on passe du management par la confiance, au management par la méfiance. L’énergie est celle du repli, du recul, de l’évitement, de la distance. Comment accomplir toujours plus, mieux, plus grand avec des équipes, avec des collègues, avec un patron, dans une logique de méfiance ?

Dans ce triptyque (Etre, Avoir et Faire confiance), il y a me semble-t-il un chemin pour accompagner une transformation managériale et humaine digne de ce nom. La transformation managériale d’une entreprise est un processus délicat, minutieux, long dont le préalable est de faire un travail sur un élément invisible: la nature de la « confiance » et son acception dans les mentalités.

Dans les processus de changement et de transformation, les mécanismes de résistance sont bien connus des experts en ressources humaines. La tentation est donc grande de surinvestir cette résistance, et ainsi de la créer (ou l’entretenir) alors qu’elle n’est pas un mécanisme obligatoire chez chacun…et qu’elle est parfois de faible ampleur…et pourtant…

Pour accompagner une transformation managériale, nous proposons nous, d’abord, de poser d’abord le stéthoscope pour vérifier que le souffle de la confiance irrigue bel et bien l’entreprise…Car, sans ce souffle, la « mue » n’aura pas lieu.

Mais Confiance en quoi me direz-vous? Il n’y a pas de réponses uniques. Il s’agit de vérifier que la confiance personnelle en un élément « présent et actuel » est bien là…Car elle servira d’appui et d’impulsion. Confiance en ses collègues, en ses dirigeants, en ses actionnaires…peut-importe l’énergie individuelle de transformation puise dans la confiance la sérénité et la tranquillité nécessaire à se laisser convaincre d’un avenir meilleur.

Comment « entendre » ce souffle? En créant des espaces d’expression massifs, en un temps court, à tous les endroits de l’entreprise. Concrètement, c’est par exemple prendre le pari que chaque réunion ou entretien durant une période donnée (2 ou 3 mois) ne soient que le lieu de l’expression de chacun sur ce sujet. Puis, c’est permettre avec les réseaux sociaux internes et les systèmes d’informations, de déclencher les effets de mouvement nécessaire à la propagation de cette confiance par le partage et le témoignage libre et individuel. C’est reconnaître ce qui « fait » vraiment confiance et accepter que ce qui créé de la méfiance pour le traiter et lever les résistances au bon endroit. C’est faire évoluer les mentalités… Le jugement permanent, l’exigence mal placée !! C’est ne pas accepter des comportements de méfiance, c’est oser parler de ce qui fâche, c’est rire de nos comportements excessifs et de nos réactions « méfiantes », c’est oser l’autodérision, c’est lâcher prise sur l’instant et pouvoir en parler librement quand ça nous arrive… Et reconnaitre nos peurs d’abord, qui nous amènent à nous méfier et à craindre l’autre.

Compter réellement sur ses équipes, penser qu’elles sont vraiment la richesse de l’entreprise, que le potentiel enfouit est immense et précieux, c’est prendre conscience que l’entreprise ne peut changer « contre » ses collaborateurs, ses salariés. Elle le fera « avec » ou « sans » eux…mais pas « contre » eux.

La confiance est ce lien inébranlable qui permet de faire de grandes choses ensemble. La raréfier, c’est préparer minutieusement un échec. La permettre, la faire vivre, l’entretenir et la soigner avec délicatesse, c’est régler de nombreux dilemmes inutiles de gestionnaires…et d’Ego…pour investir l’énergie de chacun dans l’action créatrice de valeur pour l’entreprise.

Notre monde vient de faire sa mue… De nouvelles ambitions nous appellent… La confiance, l’empathie voir l’amour seront les antidotes à nos délires expansionnistes infinis pour une entreprise responsable et citoyenne.

A très bientôt…

2 thoughts on “La Confiance comme préalable aux transformations managériales

  1. Merci de votre implication forte à donner du sens au travers de ce texte beau et pertinent. Votre intention le rend palpable.

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