De la complémentarité QI – QE

Particulièrement utile dans certains métiers comme celui de commercial, l’intelligence émotionnelle est indispensable à tous les managers et à tous ceux qui sont amenés à encadrer des salariés. Plusieurs études (Cf. notre précédent article) ont montré que les individus avec un quotient émotionnel (QE) élevé semblent plus performants financièrement que les autres. Ainsi les entreprises qui mettent en avant l’intelligence émotionnelle, notamment auprès de leurs cadres, ont une marge bénéficiaire supérieure à celle des entreprises où ce n’est pas le cas.

D’après Daniel Goleman, l’évolution des résultats des salariés est imputable à 60 % à leurs compétences émotionnelles. Que ce soit pour améliorer les performances de leurs salariés, ou pour présager des performances futures des candidats, il s’agit d’un aspect primordial dans l’évaluation des personnes.

La transition ou créer un pont plus marqué du QI (Quotient Intellectuel) vers le QE (Quotient Emotionnel), telle semble être la nouvelle clé de la réussite en entreprise.

Le concept d’intelligence émotionnelle est théorisé par Daniel Goleman, psychologue-journaliste, dans son best-seller ‘’Emotional Intelligence’’ et dans lequel, il  nous invite à découvrir après la vogue du ‘’brain building’’, les joies du ‘’heart building’’.

Daniel Goleman a imaginé un test qui permet d’estimer votre quotient émotionnel (QE) ; ce test ne prétend pas à une véritable valeur scientifique mais offre des orientations.

L’intelligence émotionnelle, un nouvel outil du management ou une dernière invention des psychologues ?

Le QE sert à mesurer l’intelligence émotionnelle, c’est-à-dire l’aptitude d’un individu à s’adapter sereinement aux aléas d’un monde en mutation, à sourire quand il a envie de cogner. Autrement dit, le QE mesure ce qui autrefois s’appelait (tout simplement) le caractère.

Un «bon» caractère semblerait être désormais une clé de la réussite personnelle et sociale. Sans un QE élevé, le bon vieux quotient intellectuel (QI) ne vaut plus un clou sur le marché. C’est la thèse de Daniel Goleman.

Selon lui, nous sommes tous un subtil mélange d’intelligence cérébrale (rationalité) et d’acuité émotionnelle (émotivité) qui se renforcent mutuellement. En effet, les types «purs» – gros QI, petit QE ou gros QE, petit QI – sont relativement rares. Des deux formes d’intelligences qui nous animent, celle de l’émotion nous promet des lendemains qui chantent, affirment les partisans de l’intelligence émotionnelle.

L’émotion intelligente, la vertu principale des gagnants de demain

L’intelligence émotionnelle est un cocktail de conscience et de contrôle de soi, de motivation, d’empathie, d’ouverture d’esprit, de tact et de diplomatie.

C’est «l’autre façon d’être bon», la vertu principale des gagnants de demain. «Les forces du marché reconfigurent le monde du travail de telle façon que l’intelligence émotionnelle devient un facteur clé sans précédent de la réussite en milieu de travail», dit Goleman.

Le QE favorise la créativité, la productivité, la flexibilité et la convivialité à une époque où chacun est convié à devenir son propre entrepreneur, l’artisan de sa propre vie. Pour rappel,  le concept d’intelligence émotionnelle est apparu aux USA dans un  contexte d’un marché  de consommateurs au bord de la crise de nerfs (société de consommation).

Ainsi, invite Goleman, il faut «mettre de l’intelligence dans nos émotions», c’est-à-dire ne pas devenir esclaves des passions qui empêchent notre bonheur, voire celui de l’humanité tout entière. Car selon lui, les illettrés émotionnels  sont responsables des malheurs qui affligent l’Amérique et le reste de la planète. Bon d’accord, c’est un peu rude…

Par conséquent, il faut relever notre QE et celui de nos enfants pour construire un monde meilleur.

Se reconstruire un cœur!

Bonne nouvelle, l’intelligence émotionnelle n’est pas d’origine génétique explique Daniel Goleman.

A la portée de tous, l’Intelligence émotionnelle s’acquiert à force d’éducation et de travail sur soi. «Les circuits cérébraux concernés sont extrêmement malléables. Notre caractère n’est pas coulé dans le béton.» écrit-il.

Ainsi, on peut être passé maître dans le contrôle de ses émotions, mais être impuissant devant la souffrance ou la colère d’autrui. Pas grave, dit Goleman, on peut toujours combler les «trous» de notre personnalité et améliorer notre comportement, notre attitude ! Simple question de volonté.

Toutefois, selon le psychologue Canadien Michel Trudeau, le livre de Goleman sensibilise le grand public aux facteurs émotionnels dans le développement et l’expression de l’intelligence. «Autrefois, on évaluait les gens sur la base du QI, sans tenir compte du reste. Des problèmes émotifs peuvent effectivement bloquer nos capacités à résoudre des problèmes» dira-t-il, non sans préciser que «l’intelligence émotionnelle – communiquer, comprendre, compatir, motiver – a son revers, la constipation émotionnelle

«La psychologie a pris tant d’importance au cours des 30 dernières années, que tout est maintenant vu sous cet angle, dit le psychologue Canadien, Michel Trudeau. Les gens en arrivent à avoir peur de leurs émotions, ce qui est assez paradoxal! Et être bien à tout point de vue n’est pas forcément un signe de santé psychique, dit M. Trudeau. Il est même parfois nécessaire de se fâcher, de se lâcher. Ce n’est pas pour rien que les émotions existent. Certaines situations sont intolérables… et puis on peut se fâcher sans raison!», juste pour le fun…

L’intelligence émotionnelle, une spécialité féminine ?

Goleman attribue aux femmes, un plus grand quotient émotionnel, leur éducation les ayant «programmées» en ce sens.

Dans la perspective de Goleman, si les garçons règlent leurs différends à coups de poing, les filles excelleraient à tourmenter les cordes sensibles de leurs ennemis. «Elles sont meilleures dans les tactiques d’agression subtiles, tels que l’ostracisme, la manipulation, les ragots, les commérages », dit Goleman.

En général, les garçons s’affirmeraient dans la solitude, l’indépendance, la compétition tandis que les filles s’épanouiraient dans les relations interpersonnelles et dans l’expression de leurs émotions.

Dans Clicking, les futurologues Faith Popcorn et Lys Marigold exploitent cette veine sur un mode idyllique, en proposant une nouvelle utopie: la «féminosophie». Le propos est simple: les femmes appartiennent à une espèce «biologiquement distincte» de celle des hommes, ne partagent pas les mêmes valeurs, pensent et communiquent sur des modes différents.

Et tout ce qu’elles font est… parfait évidemment… Mais cela est une autre histoire…

A bientôt et à vous lire,

Mohamed

 

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