Devenez de véritables managers mobilisateurs !

Paris. 11 janvier 2015. 44 chefs d’état et 1,5 millions de personnes sont mobilisés en réaction aux attentats du 7 janvier.

Madrid. 19 mars 2004 – Attentat de la Gare d’Atocha . 192 morts. Combien de chefs d’états pour défiler à Madrid aux côtés des espagnols ?

Nous voilà plongés de plein pied dans la grande complexité de la mobilisation et, nous pourrions aller encore plus loin tellement les sujets sont nombreux et parfois mettent mal à l’aise. Pourquoi se mobilise-t-on pour la SPA et pas pour les migrants ? Pourquoi certains se mobilisent pour renflouer les caisses d’un parti politique et ne donne pas à un mendiant dans la rue ? Pourquoi personne ne mobilise massivement contre la dette abyssale du pays mais va défiler pour ou contre un projet de loi ?

Simplement parce que la mobilisation parle aux valeurs et aux convictions profondes de chacun d’entre nous, car se mobiliser, c’est prendre un peu de soi, de son temps, de son argent ou simplement de son attention pour le donner à quelque chose ou à quelqu’un dans le but de maintenir un équilibre, ou de faire changer les choses.

On demande aujourd’hui aux managers de relever les défis de l’intelligence collective, de la créativité et c’est une bonne nouvelle. Mais le quotidien n’est pas fait que de séquences nécessitant d’activer ces mécanismes.

La majorité du quotidien est opérationnel et a pour but de créer de la valeur concrète.

Pour comprendre les mécanismes de la mobilisation, et en simplifiant un peu, on peut traduire le phénomène de mobilisation comme la résultante de deux choses :

  • Une cause que nous appellerons « mobile »
  • Une énergie collective que nous appellerons « force motrice ».

Le mobile, d’abord.

C’est « la raison » pour laquelle je vais me déplacer, rejoindre l’unité, dépasser mes convictions personnelles pour rejoindre un collectif composé de gens différents mais auxquels je me rattache pour contribuer à faire unité, force.

Donc, là nous sommes vite confrontés à un premier sujet. Les grandes causes sont réellement peu nombreuses dans la société, et l’entreprise ne fait pas exception. Mobiliser son entreprise sur la réduction des coûts n’est pas une grande cause en soi, même si l’enjeu est concret et les raisons louables. La grande cause parle de « faire front pour ou contre quelque chose », de maintenir un certain niveau de qualité de vie. Pour mobiliser, il faut un mobile rassembleur, unificateur, « haut » dans la hiérarchie des valeurs, quelque chose qui parle au plus grand nombre pour ne pas être intellectualisé mais vécu.

Nos collaborateurs sont avant tout des citoyens et, ces citoyens posent un regard sur notre entreprise. Ils seraient capables de se mobiliser pour leur entreprise, de dépasser leurs idéologies, leurs dogmes, pour peu que l’on soit dans un climat de « vérité » et « d’honnêteté » avec eux.

Vous voulez donner un grand coup de changement, mobiliser vos salariés sur ce changement ? Travaillez au plus haut niveau possible (raison d’être), soyez honnêtes et dites la vérité, si vous ne mobilisez pas après ça, c’est que çà n’est pas de mobilisation qu’il s’agit ou que votre sujet n’est pas un réel « mobile ».

La force motrice ensuite

La force motrice parle de ce phénomène psychosocial étonnant, lorsqu’il apparait, qui se traduit par l’émergence d’une énergie quotidienne, permanente et autoalimentée par la majorité des individus d’un groupe.

Qu’est-ce qu’il faut faire pour réussir à enclencher cette force ?

Créer et entretenir le sentiment d’appartenance d’abord. Travail de longue haleine qui touche au sentiment d’unité, à la fierté du collectif, à son identité et le reflet pour chacun des membres. Le sentiment d’appartenance se crée par l’expression d’un projet collectif, d’une vision rassembleuse. Il s’obtient aussi par la capacité à assainir les relations entre les membres, à instaurer bienveillance, respect et honnêteté dans les échanges et les interactions.

Ensuite, il s’entretient et se nourrit dans des phases de travail collaboratives qui vont jusqu’à l’action et ne restent pas uniquement au stade intellectuel. Dit autrement, le sentiment d’appartenance va se « vivre » par l’œuvre commune. Réunir pour phosphorer sans coopérer ensemble ne sera pas suffisant.

Si vous faites cela, et peut-être encore quelques autres choses, vous serez capable de mobiliser vos équipes et de bénéficier des fruits de cette force énorme que les femmes et les hommes sont capables de déployer lorsqu’ils l’ont décidé et que les conditions sont réunies.

A bientôt

Pierre

 

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