Innovation & Management : Osons la « création dangereuse » !

Dans les années 70, Robert Greenleaf, homme d’entreprise, humaniste et visionnaire, proposait une « troisième voie » décalée pour oxygéner les pratiques du leadership qui prévalaient alors dans les grandes organisations. Guidé par ses convictions et ses intuitions, inspiré par une rencontre avec un professeur charismatique à Harvard et par sa lecture du « Voyage en Orient » (Hermann Hesse, 1932), il s’aventurait dans une « création dangereuse », pour reprendre le mot de Camus, en mettant au monde le modèle du Servant leadership.

Serviteur et leader pouvait, selon ce modèle inspiré, non seulement cohabiter, mais aussi transcender les genres en matière de leadership. Il est vrai que les alternatives de l’époque se restreignaient aux écoles classiques (Taylor, Fayol) et à la vision Wéberienne du leadership charismatique qui s’opposaient conceptuellement aux courants humanistes (Mayo, Parker Follet, mac Gregor, Maslow…). Le modèle de leader serviteur cassait les manichéismes et osait l’oxymore managérial dans une vision intuitive, spirituelle et ouverte.

Greenleaf venait ainsi d’apporter un grand ballon d’oxygène au management (ménagement en vieux Français, soit la gestion du ménage), cette science de la « gestion du foyer et des affaires courantes ».

Aujourd’hui, la « crise du management » décrite par tant d’auteurs, appelle plus que jamais à repenser profondément les pratiques et à sortir d’une boite qui enferme depuis bien longtemps les possibilités d’une action collective renouvelée. Ce combat est brillamment mené par des universitaires, consultants, gourous et chefs d’entreprises visionnaires qui prônent la libération des entreprises et des hommes au travail, le développement d’organisations agiles, spiralées et / ou holacratiques.

Mais l’innovation managériale et organisationnelle ne peut plus être seulement l’affaire de quelques « leaders de pensée ». La créativité devient une compétence centrale qui doit être portée profondément par les managers et leurs équipes pour répandre au cœur de l’organisation cette dynamique de renouvellement.

« La compétition féroce entre entreprises commande la mise en œuvre d’un processus d’innovation constant. Or, dans la plupart des organisations, l’innovation se produit malgré le système et non grâce à lui » (Gary Hamel)

Il est temps de redonner au « système » les clés de sa réinvention et les outils de sa magie créative !

Manager, inspirez… expirez !

Quand on parle d’innovation, on pense en premier lieu aux innovations technologiques ou à la création de nouvelles offres. Il est frappant de constater, selon une étude IPSOS de 2013, que l’innovation est confiée à 72% aux fonctions Recherche et développement, Qualité, Marketing qui représentent… 5 à 8% des effectifs en entreprises. Les autres fonctions ne seraient donc que peu concernées par l’innovation qui resterait une affaire d’expert quelque peu ésotérique.

Or, il semble que les questions et les tensions potentiellement créatrices sont nombreuses pour les managers :

  •  Comment concilier auto direction, liberté et responsabilité ?
  • Comment faire cohabiter plaisir, bien-être et performance au travail ?
  • Comment associer les dynamiques de collaboration, de coopération avec la liberté individuelle ?
  • Comment favoriser l’engagement des collaborateurs dans la réciprocité et la lucidité ?
  • Comment développer la confiance à travers des régulations sociales et managériales adaptées ?
  • … Et tant d’autres

Les enjeux sont énormes et la complexité de certaines questions rendent nécessaire une « facilitation créative et collaborative » qui va bien au-delà de la « pensée d’échiquier » qui règne encore aujourd’hui dans la plupart des organisations. Le mythe de l’analyse, de la maitrise et de la prévisibilité meurt peu à peu, mais les managers sont encore démunis lorsqu’on leur demande de voyager entre cerveau gauche et cerveau droit pour réfléchir à ces nouveaux défis.

Nous suggérons une démarche mixte, de bon sens, praticable par tous et qui répond aux lois universelles d’expansion et de concentration de l’énergie :

  • L’association de la divergence et de la convergence !

     Diverger c’est inspirer, s’ouvrir, accueillir toutes les possibilités <  Converger c’est expirer, se centrer, s’alléger du superflu et garder ce qui est essentiel >

Ces deux temps sont au cœur de la démarche du « Creativ Problem Solving » (CPS)

Le CPS est l’une des démarches les plus pratiquées au monde pour structurer les processus de créativité, de changement et de management collaboratif. Il est particulièrement adapté à la réalité managériale dans la mesure où il propose une alternance de réflexion rationnelle et intuitive permettant d’enrichir la co-construction collective.


Les étapes du Creativ Problem Solving

Pour approfondir la problématique de la facilitation de la créativité et l’innovation d’équipe, n’hésitez pas à nous contacter ! C’est par ici !

A bientôt dans nos ateliers !

Laurent

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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