La relation aux autres, principal levier du bien-être au travail

Blog_Lettre_RH_Juin2018_Kronos

Dans un billet daté de février 2016 nous vous présentions « Le Management Emotionnel, générateur de performance ». Deux ans plus tard, les émotions au travail demeurent toujours au centre des attentions.

Les entreprises considèrent davantage le savoir-être (les soft-skills) dans l’évaluation de leurs candidats et ces derniers, une fois en poste, aspirent à davantage de satisfaction et de bien-être. L’ancien levier de motivation au travail, le salaire, est bousculé par un nouvel enjeu « la relation aux autres » qui questionne les modèles de management actuel.

 

Le savoir-être prévaut dans six recrutements sur dix. Selon une étude de Pôle Emploi relayée par le Figaro en mars 2018, 59 % des employeurs affirment que « le diplôme n’est pas un critère essentiel » et avouent s’être également intéressés aux compétences comportementales des candidates. Autrement dit, votre capacité à communiquer avec vos collègues pèse aujourd’hui davantage dans la balance que votre diplôme. Demain, il sera peut-être attendu une meilleure intelligence émotionnelle des candidats et des employés.

Afin d’être prêt·e pour vos prochains entretiens d’embauche suivez cette année – voire cet été – des formations et des MOOC sur les soft-skills, comme notre série sur la « Confiance sinon rien ».

Détrompez-vous, les recruteurs ne sont pas à l’initiative de cette tendance. Elle découle des attentes de vos collègues et des vôtres également !

D’après l’étude Malakoff-Médéric 2017, la moitié des managers et des salariés (53 % et 49 %) placent l’ambiance et la qualité des relations entre collègues en tête des critères de bonheur au travail. Le salaire est relégué en deuxième position. Capital.fr (31 mai 2018) ajoute : « Les salariés, et notamment les jeunes, visent une satisfaction globale dont la carrière n’est qu’un élément ». En d’autres termes, vous irez au-devant de crispations si vous ne prenez pas le temps d’améliorer la qualité de vos relations au travail pour accueillir la génération Z dans votre open-space.

Favoriser l’épanouissement personnel de ses collaborateurs est devenu un enjeu pour les entreprises. Certaines créent un cadre propice au bien-être (avec des baby-foot, séances de sport et massages…) et recrutent des happiness officer pour y veiller. Selon Capital, bien-être et performance ne sont pas antinomiques, « la plupart des études évaluent entre 10 et 12 % les gains de productivité d’un collaborateur satisfait. » Attention toutefois au travers : « Pour la philosophe Fabienne Brugère, auteure d’une « Éthique du care », encourager la bienveillance et retrouver le plaisir de travailler, c’est d’abord « rompre avec l’obsession de la performance et de la réussite individuelle ». Et donner plus de liberté aux salariés : un baby-foot ne fait pas le bonheur… surtout quand on n’a jamais le temps d’y jouer. »

Babyfoot dans un open-space

Le bien-être au travail serait donc le levier de la performance au travail, est-ce vraiment aussi simple ? À en croire les résultats des recherches menées par Aymeline Rousseau qui a étudié la question en 2017 auprès de 3800 cadres : Non.

Ses résultats sont sans équivoques. « La corrélation entre le bien-être au travail (mesuré par la satisfaction au travail) et la performance au travail est faible. », précise-t-elle. Cette étude s’est heurtée à la difficulté de définir ce qu’est le bien-être au travail. « Selon les courants théoriques et les outils de mesure, le bien-être au travail renverra à la satisfaction au travail, l’intérêt et au sens du travail, à la qualité des relations managers-managés ». Dès lors il peut ne pas être simple de définir ce que sont le bien-être et la qualité de vie au travail. « Le bien-être au travail est avant tout associé au contenu du travail, tandis que la qualité de vie au travail concerne l’environnement de travail » nous indique-t-elle.

Son étude a permis de définir le premier ressort pour améliorer à la fois le bien-être et la qualité de vie au travail qui réside dans « les relations aux autres ». Aymeline Rousseau s’est fixé un nouvel objectif : Identifier ce qui permet de développer la confiance dans les relations au travail. Pour en apprendre un peu plus sur la confiance au travail, voici 4 vidéos Kronos de 5 minutes

Afin d’accompagner cette transformation managériale orientée vers une meilleure relation aux autres, un nouveau style de management se profile : le management bienveillant, dans lequel nous prêtons davantage attention aux autres et à construire une solidarité entre collègues. Le management de la bienveillance s’inscrit dans la réflexion morale de « l’Ethique de la sollicitude » ou « Care », dans le monde anglo-saxon.

Nous animons justement le 10 juillet à 14h30, un webinaire intitulé : « Manager Positivement : De l’intention à la mise en œuvre chez un de nos clients partenaire » et – que vous soyez pour ou contre – nous serions ravis de pouvoir échanger avec vous à ce sujet. Si vous l’avez raté, pas d’inquiétude, un replay sera disponible.

Management_Positif_Kronos

Sources :

 « Les employeurs délaissent le diplôme au profit des émotions ». FIGARO, 28 mars 2018. http://www.lefigaro.fr/emploi/2018/03/28/09005-20180328ARTFIG00313-les-employeurs-delaissent-le-diplome-au-profit-des-emotions.php

Trécourt, Fabien. « S’épanouir au boulot, tout le monde y gagne ». Capital.fr, 31 mai 2018. https://www.capital.fr/votre-carriere/sepanouir-au-boulot-tout-le-monde-y-gagne-1290665

Anne Fairise – « Un lien faible entre bien-être au travail et performance ». Alternatives Économiques. 15/05/2018 https://www.alternatives-economiques.fr/un-lien-faible-entre-bien-être-travail-performance/00084596

Vous apprécierez peut-être également :

diplome_insuffisant_kronos

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>