Redonner du sens au travail – La Tête à l’Envers

Comment redonner du sens au travail ? Interview d'Anne-Laure Bosser Consultante Partenaire Kronos

 

Interview d’Anne-Laure Bosser : Comment redonner du sens au travail ?

 

Adrien : Bonjour à toutes et à tous ! Soyez les bienvenus pour ce quatrième épisode de la Tête à l’Envers. Nous accueillons aujourd’hui Anne-Laure Bosser, consultante et partenaire Kronos et présidente de Voie et Sommet. Anne-Laure bonjour !

 

Anne-Laure : Bonjour Adrien !

 

Adrien : Pour nos auditrices et auditeurs qui vous découvrent, pourriez-vous vous présenter succinctement ?

 

Anne-Laure : Oui, Adrien comme vous le disiez, je suis actuellement à mon compte : formatrice consultante et coach dans l’entreprise Voie et Sommet. J’ai plusieurs casquettes puisque pendant plus de 18 ans j’ai travaillé en entreprise. D’abord chez DIM puis chez Louis Vuitton principalement en tant que responsable d’atelier de fabrication donc de collants puis de sacs à main. Maintenant, je suis coach depuis plus de plus de 6 ans et également, j’ai une démarche de recherche spirituelle en dehors de ma vie professionnelle.

 

Adrien : Très bien et cela rejoint finalement le plan professionnel aussi un petit peu.

 

Anne-Laure : Exactement puisqu’aujourd’hui le thème que l’on va aborder fait suite à un webinaire que l’on a fait. C’est de : lier la recherche de sens et le côté managérial donc la spiritualité et la vie en entreprise.

 

Adrien : Le besoin de sens au travail occupait dernièrement l’actualité. Nous pouvons citer les générations Y et Z (ndlr : et non X) pour lesquelles donc ce besoin de sens et d’en trouver prime, comme vous le disiez dans le webinaire, sur le salaire ou par exemple encore en septembre dernier, le phénomène des « bullshit jobs » ces métiers qui pour les salariés n’ont pas de sens.

 

Peut-être que vous aussi auditeurs et auditrices, vous êtes-vous déjà posés cette question : quel est le sens de mon travail ? et donc avec Anne-Laure aujourd’hui nous allons prendre le temps pour développer ce sujet.

 

Selon vous Anne-Laure, pourquoi le monde professionnel s’interroge-t-il sur le sens au travail ?

 

Anne-Laure : Alors à chaque fois, ce que je vais dire ça dépend de mon point de vue. Ce n’est pas un point de vue universel. En tout cas, c’est ce en quoi je crois actuellement. Il me semble que l’entreprise est exactement en lien avec ce qui se passe dans la vie de tous les jours et des préoccupations de chacun. Je vais citer Frédéric Lenoir qui est un auteur et un théologien qui a écrit beaucoup de livres en lien avec le développement personnel ou spirituelle et qui a eu beaucoup de succès. Léa Salamé en avril 2018 dans l’émission Stupéfiant lui posait la question : « Pourquoi il y a tant de personnes qui recherchent la spiritualité alors que les lieux de culte se vident ? » et sa réponse fut de dire qu’individuellement on ne voulait plus qu’on se fasse dicter ce qu’il fallait croire ou ce qu’il fallait faire mais par contre que l’on recherchait du sens à la vie.

 

La quête de sens c’est vraiment quelque chose qui est actuel mais qui datent de générations depuis des millénaires. On se pose la question mais qu’est-ce que en tant qu’humain on est venu faire sur cette terre ? Je pense que dans un contexte actuel où les choses vont de plus en plus vite. On est un monde de zappeurs, où on a de moins en moins de contact les uns avec les autres. Hé bien peut-être qu’on exprime cette recherche de sens de façon différente. Cela se ressent également au travail et qu’on ne veut plus, comme les générations précédentes, aller au travail pour gagner sa vie mais aller au travail pour s’épanouir. Je fais le parallèle avec : est-ce qu’on travaille pour vivre ou est ce qu’on vit pour travailler ?

 

Adrien : Exactement et justement à ce propos, puisque vous intervenez en formation et êtes amenée à rencontrer des collaborateurs, des salariés et des managers, est-ce que certains d’entre eux ont exprimé clairement ce manque de sens dans leur métier ?

 

Anne-Laure : Oui, je pense particulièrement à un groupe de formation qui était assez chahuté dans leur vie professionnelle au moment où je les ai rencontrés. Avec beaucoup d’heures de travail peu de reconnaissance, quand je dis beaucoup d’heures c’est plus de quinze heures par jour. Peu de reconnaissance, c’est à dire que ce n’était jamais assez bien. Donc ce qui emmène du doute sur ses compétences, sur ce qu’on veut faire… En plus le manque de sommeil ne favorise pas forcément la prise de recul. Donc oui, j’ai vécu moi à mon niveau des rencontres avec des personnes qui étaient vraiment en souffrance.

 

Cela on peut le voir en formation et prendre du recul. En fait, les formations on n’est pas là pour apprendre énormément de choses. On ne va pas apprendre plein d’outils et de comment se comporter car souvent les personnes que je découvre en face de moi connaissent ces choses-là. C’est de prendre du recul et de se dire « bah ok qu’est ce qui est important pour moi à ce moment-là et comment je peux le mettre en œuvre ».

 

Adrien … de les accompagner sur cette prise de recul. Pensez-vous que seuls, ils auraient cette liberté, cette prise de conscience ?

 

Anne-Laure : Je pense que c’est un peu comme le hamster dans sa cage. C’est à dire que quand on est dedans, souvent on est impliqué. On a envie de bien faire, on a envie de se montrer à soi-même qu’on peut réaliser des choses intéressantes dans son travail, on a envie de prouver à notre chef à notre environnement qu’on peut y arriver. On ne prend pas le temps de se poser des questions donc on continue à courir de plus en plus vite vers on ne sait pas quoi puisque on tourne en rond si je fais le lien avec le hamster. Ses moments de prise de recul permettent de sortir de la cage de faire un petit pas de côté et de se poser les bonnes questions.

 

Adrien : Donc de réfléchir s’il ne faut pas sortir de la roue ou en tout cas d’au moins de se reposer.

 

Anne-Laure : En fait la prise de recul c’est quoi, c’est de se regarder comme si c’était un peu une position témoin. On se regarde penser et on se regarde réagir émotionnellement comme si on était quelqu’un d’autre à côté. C’est parce qu’on analyse et que l’on prend conscience en tout cas des émotions qu’on ressent et des actions qu’on a eues pour pouvoir évoluer ensuite.

 

Adrien : Je vois, donc cela demande une introspection de sa part aussi. Justement comment prendre du temps pour soi alors qu’on est de plus en plus dans une course à l’efficacité personnelle et professionnelle ? Qu’on nous incite à se développer -le développement personnel. Il y a une tornade d’affluence qui tend vers la performance et donc du stress.

 

Les formations à la gestion du stress ou la gestion des émotions amènent les collaborateurs à ce que l’on évoquait précédemment : à mieux se connaître. Mais comment expliquez-vous finalement que les entreprises attendent que la cause soit apparue, donc le stress soit palpable, pour faire appel finalement à des formations sur la gestion du stress et la gestion des émotions, est ce qu’il n’y aurait pas une espèce de paradoxe ? Alors que si l’entreprise anticipait se disait : « j’ai de nouveaux collaborateurs, on va les former à cette gestion du stress je vais m’y former pour éviter de tomber dans ce biais. » Qu’est ce qui expliquerait qu’aujourd’hui on fonce dans ce mur là et qu’après coup on réagisse ?

 

Anne-Laure : Première remarque c’est de se poser la question est-ce que c’est à l’entreprise de former ses collaborateurs ou alors à chacun d’entre nous en tant qu’individu à prendre conscience de nos besoins et à prendre du recul ? On peut déjà se poser cette question. C’est peut-être pour ça que les entreprises attendent en disant : « ce n’est peut-être pas notre rôle mais c’est le rôle de chacun de se prendre en main. » On parle de notion de responsabilité ou de plus en plus dans les entreprises on cherche à rendre les gens responsables de ce qu’ils font, responsables de leurs actions et prendre plus de responsabilités aussi. Donc une des responsabilités c’est de prendre soin de soi.

 

Et en même temps, ce que je me dis, c’est en effet il me semble que c’est la responsabilité de chacun mais que l’entreprise peut aider les personnes qui n’auraient pas ce courage pour les amener à mieux se connaître. Ce qui emmène la prise en compte de ses besoins, de ses talents et de ces peurs aussi et donc la diminution du stress derrière. Mais cela, est ce que c’est le besoin que de l’entreprise ou c’est toute la société qui doit le faire ? c’est sûrement un peu les deux. On le voit d’ailleurs dans l’éducation. De plus en plus d’enseignants aident les enfants à se poser des questions à prendre du recul et notamment je vais citer une association qui s’appelle SEVE (Savoir être et vivre Ensemble) qui forment des accompagnateurs pour animer des groupes de méditation et de philosophie avec les enfants.

 

Adrien : … donc sensibiliser très jeune.

 

Anne-Laure : Un peu comme dans le courant des écoles Montessori aussi qui permettent d’être plus dans l’attitude de prendre du recul avec les enfants, donner l’envie d’apprendre et de se comporter différemment plutôt que d’orienter tous sur les notes et sur un programme très figé. D’être plus dans l’individualisation que dans le formatage.

 

Adrien : Ce qui incite à travailler en collaboratif parce que justement seuls ils pourront certes se connaître mais pas tout découvrir.

 

On parlait de gestion du stress de la performance, des émotions… Quelles thématiques conseilleriez-vous aux entreprises pour accompagner des collaborateurs à retrouver du sens, la prise de recul que vous évoquiez au quotidien dans leur travail ?

 

Anne-Laure : Plusieurs sujets possibles et il n’y a pas une formule unique. Parce que cela dépend de l’histoire de l’entreprise, l’histoire des salariés, de vers où veut aller l’entreprise et donc même quand on parle des entreprises libérées par exemple il n’y a pas un manuel qui dit 1), 2) et 3) vous devez faire ça. C’est vraiment de s’adapter.

 

Adrien : Pardon je vous interromps, on retomberait dans le biais de finalement les règles qu’il faut suivre à la lettre.

 

Anne-Laure : Exactement ! Une des choses qui me parle actuellement c’est vraiment le lien. Alors j’appelle ça la spiritualité on peut l’appeler comme on veut. C’est vraiment de prendre le temps de prendre du recul par rapport à soi, à qui on est, de travailler sur son ego. L’ego est plutôt ce mode de fonctionnement qui nous fait croire qu’on est tous très différents, qu’on est en comparaison les uns avec les autres, en compétition les uns avec les autres. L’ego qui nous fait réagir de façon spontanée inconsciente sans qu’on réfléchisse vraiment qu’on soit maître de nos pensées et de nos actions.

 

Pour ce faire il y a plusieurs moyens. La connaissance de soi est importante il me semble. On parlait de prendre conscience de nos valeurs et de nos croyances. Ce en quoi on croit vraiment. Les valeurs, ce qui est important pour nous. Donc faire preuve d’intégrité mais aussi de comprendre nos besoins physiques ou intellectuels à un moment donné pour ne pas s’épuiser et garder son énergie. C’est de comprendre ce qui nous motive dans la vie parce qu’on est tous différents. L’un des moyens, je parlais de spiritualité, parce qu’un des moyens pour faire tout ça, hormis cette prise de recul, c’est aussi la méditation.

 

La méditation, on la voit de plus en plus dans les entreprises et c’est un moyen pour favoriser la concentration le fait d’être axé à un moment donné que sur le moment présent et donc de diminuer le stress.

 

Adrien : Par qui commencer, est ce qu’il faut d’abord commencer par les collaborateurs qui sont les plus sollicités au quotidien, sensibiliser les directeurs ou les managers ou bien même sensibiliser tous les formateurs à ça et inciter l’entreprise à se transformer, Par qui, par quoi on commence ?

 

Anne-Laure : Pareil, je n’ai pas une réponse toute faite. Cependant, je crois que pour favoriser le changement il faut qu’il y ait un nombre critique qui soit embarqué et sûrement qu’on peut le faire avec des personnes volontaires au début. S’il y a des personnes qui se sentent plus impliqués par ce genre de sujet elles peuvent ensuite faire boule de neige et motiver leurs collègues.

 

Adrien : Les ressources humaines par exemple. Même l’ouvrier pourrait être entendu s’il a suffisamment d’initiative ?

 

Anne-Laure : Je pense que lorsqu’on est dans cette démarche, il faut enlever, je parlais de casquettes au tout début, il faut enlever ses casquettes et on n’est plus ouvriers, patrons ou autre… On est humain. Hommes et Femmes.

 

Adrien : Donc prendre le temps de se retrouver et de se poser la question qu’est-ce qu’ensemble on veut faire ?

 

Anne-Laure : Si je fais le lien avec les entreprises dites libérées ou qui sont plus dans le collaboratif, une des choses qui était de l’ordre du symbole mais qui est faite c’est d’enlever les signes extérieurs de richesse. D’enlever les numéros de parking et les places réservées pour le directeur, d’enlever la plus grosse voiture au directeur d’enlever le bureau avec de la moquette et le plus de plantes et d’ouvertures possibles pour les plus gradés.

 

Je pense à un ami Xavier qui a une entreprise et qui a opté pour cette démarche d’aller vers une entreprise dites libérée ou plus collaborative. Une des choses par laquelle il a commencée c’est d’enlever son bureau et être dans l’open-space avec tout le monde.

 

Adrien : Finalement aujourd’hui, son avis, il a bien fait de changer ?

 

Anne-Laure : Cela lui paraît juste à mon sens, je vais pas parler pour lui, mais cela lui paraît juste évident.

 

Adrien : Qu’est ce qui l’a poussé à changer ? Personne ne venait le voir dans son bureau ?

 

Anne-Laure : Non, je pense qu’il y a une démarche personnelle de dire : qu’est ce qui est important dans la vie ? Quelles sont mes valeurs ? Si moi par exemple je vais dire que dans ma vie personnelle je réfléchis sur la spiritualité. La spiritualité c’est de prendre conscience qu’on est tous égaux et donc si on ne l’applique pas dans sa vie de tous les jours, peut-être quelque chose qui ne colle pas.

 

Adrien : …et qui sera palpable derrière dans les équipes et dans la façon dont les projets avancent.

 

Anne-Laure : Souvent quand je fais des formations, je parle de communication puisqu’on est un être sociable. Quand il y a des couacs en entreprise cela vient de la communication. Le premier pilier de la communication est la sincérité. Si on n’est pas sincère, on peut prendre tous les cours de théâtre que l’on veut, inconsciemment la personne en face de soi va sentir que l’on n’est pas congruent. Être congruent veut dire qu’on n’est pas en cohérence entre ce qu’on pense et ce que l’on dit, la façon donc dans laquelle on agit. On peut parler d’alignement ou de congruence.

 

Adrien : Vous évoquiez des méthodologies. Avez-vous d’autres méthodologies en tête par exemple pour accompagner une équipe et peut-être la durée aussi que nos auditeurs et auditrices estiment combien de temps prendrait en interne de déployer plus de sens par exemple ou même le recul nécessaire pour après en intégrer.

 

Anne-Laure : Je vais commencer par une chose qu’on entend quelquefois et qui a pu m’énerver : « « Lorsqu’on commence une démarche de développement personnel ou de développement spirituel on dit que c’est la démarche de toute une vie.

 

Adrien : Ce qui en soit est vrai aussi, une entreprise dure plus longtemps qu’une vie humaine aussi.

 

Anne-Laure : En tout cas, dans les accompagnements que l’on peut faire pour avoir accès à une transformation, qui n’est pas une transformation immédiate, mais qui est plutôt la mise en chemin sur la transformation. Je crois beaucoup au fait de segmenter les journées de formation -c’est à dire ne pas faire trois jours de formation d’un coup- mais peut-être de faire un jour tous les mois pendant trois séances en fonction des possibilités de l’entreprise. Et d’allier les formations collectives donc un petit groupe de huit personnes pour pouvoir bénéficier du regard des autres et aussi d’allier des moments d’introspection personnels avec un format de coaching individuel. Par exemple, avec plusieurs sessions, ça peut être soit sur place en présentiel soit aussi le coaching individuel par visioconférence

 

Adrien : Les personnes se confie-t-elle plus autour d’une table que par Skype par exemple ?

 

Anne-Laure : Par exemple, d’un point de vue personnel, je n’aime pas faire des coachings qu’en visioconférence si je connais pas la personne avant. Le côté relationnel humain est important. Une fois qu’on se connaît, que la confiance est établie je pense qu’on peut faire des choses à distance.

 

Adrien : D’accord. Lors du webinaire, vous évoquiez des chiffres frappants qui portent sur le temps d’attention que des canadiens consacrent à une information. Ce temps serait de huit secondes ce qui serait donc inférieur à celui du poisson rouge. Est-ce que, pour revenir à la métaphore du rongeur dans sa roue, il ne serait pas temps finalement pour les entreprises de ralentir ? De finalement se dire, la performance à tout prix c’est peut-être pas ce qui va nous mener au bon endroit.

 

Anne-Laure : Je crois encore une fois que l’idée n’est pas d’imposer des choses aux gens mais de s’adapter au rythme de chacun. A un moment donné, je pense plutôt comme une mode on dit il faut ralentir et d’autres moments… Il y a quelques années il fallait absolument être très rapide. En fait, en fonction de chacun le rythme va être différent. C’est pour cela qu’à mon sens il faut se connaître soi-même et de savoir quel est notre besoin. Le besoin de certains est d’être beaucoup dans le challenge et d’aller très vite et à ce moment-là ils vont avoir accès à des défis sur des périodes très courtes. D’autres vont avoir besoin de plus de temps, plus de réflexion avant de se mettre dans l’action. Donc cela va leur demander de prendre un rythme plus lent pour mieux intégrer. Je pense que les deux sont compatibles. Dans une équipe, il faut des personnes qui réagissent très vite pour lancer le mouvement, pour donner le sens à un moment donné et puis d’autres qui vont bâtir plus dans le temps.

 

C’est d’arriver à comprendre les besoins comportementaux de chacun pour que les personnes soient au bon niveau et de leur laisser le temps qui est nécessaire.

 

Adrien : Donc les managers responsables d’une équipe, avec certains qui sont pressés d’autres beaucoup plus lents, doivent en fait percevoir à quel moment donner l’initiative à chacun. C’est une responsabilité qui leur revient ou c’est aussi les collaborateurs de le dire …

 

Anne-Laure : Je pense que c’est une responsabilité partagée. A chacun, au manager en tant qu’humain et ses équipes de connaître ses besoins et de le dire aussi. Ils ont la responsabilité de le dire et de l’évoquer. Parce que si on ne dit pas la personne en face ne peut pas deviner. En tant que manager d’accepter d’avoir des personnes différentes dans son équipe de reconnaître les avantages et les inconvénients qu’il peut y avoir. En tout cas d’être beaucoup dans le l’individualisation du management.

 

Adrien : D’accord, pouvoir en tirer le meilleur de l’équipe en fait

 

Anne-Laure : Cela me fait penser à un outil que j’utilise beaucoup en formation parce qu’il est très intuitif. C’est le disque, on parle de quatre couleurs et de comprendre qu’on fonctionne tous différemment et qu’il y a des avantages et inconvénients à chaque situation. L’idée est d’être le plus adaptable. Dans des situations faudra aller vite et donner des ordres pour un moment donné que tout le monde aille dans le même sens. Donner des ordres ce n’est pas exactement le cas. A un autre moment et bien il faudra plus de temps, être plus dans la réflexion et d’aller au bout des choses. L’idée est de s’adapter à chaque situation à chaque personne.

 

Adrien : Pour résumer, pour retrouver du sens d’abord mieux se connaître et ensuite être spontané dans la réaction par rapport aux événements. Une vigilance de tout instant en fait un petit peu ?

 

Anne-Laure : Là où je suis complètement d’accord c’est que le point numéro un c’est de mieux se connaître pour passer du mode pilotage automatique au mode pilotage conscience de qui on est. Quand on est dans ce pilotage conscient petit à petit ça devient intégré -c’est le cycle d’apprentissage- c’est de plus en plus intégré, de plus en plus réflexe. Lorsqu’on a ces réflexes, on n’a plus besoin d’être vigilant tout le temps. La vigilance est une étape transitoire après cela devient naturel.

 

Adrien : Pour y travailler, c’est la dernière question, que pensez-vous de la méditation en entreprise ? Est-ce qu’aujourd’hui les gens s’en emparent parce que c’est un effet de mode ? Comme on disait qu’il fallait ralentir ou accélérer. Ou bien est-ce une vraie prise de conscience de la part de ceux qui ont initié ce mouvement et que derrière on peut s’imaginer que ce sera devenu évident de travailler sur cette attention pour ensuite devenir conscient, parce qu’on est à la bonne place et aligné.

 

Anne-Laure : J’allais dire que si c’est un effet de mode j’espère qu’il va durer très longtemps parce qu’il prend ses sources il y a des milliers d’années déjà. La méditation est reconnue en Orient dans des religions et des spiritualités comme l’hindouisme ou le bouddhisme. Egalement en Occident on parle de prière par exemple dans le dans la religion catholique mais aussi en Grèce où les philosophes parlaient déjà de méditation. Donc depuis bien longtemps. Pour moi la méditation, on parle de méditation assise, prendre du temps cinq minutes par jour ou plus et de façon régulière et c’est ça qui favorise la concentration. La méditation est d’être concentré sur une tâche à un moment donné. Un philosophe qui s’appelle Alexandre Jollien est très drôle. Je vous invite à le découvrir. Lui dit à un moment donné « je fais ma vaisselle… je fais ma vaisselle » c’est à dire que je suis concentré là-dessus la méditation c’est ça.

 

Adrien : Et ce quelle que soit la tâche.

 

Anne-Laure : il dit « je prends ma douche je suis concentré sur l’eau qui tombe sur mes épaules la sensation que j’ai sur la peau ».

 

Adrien : Être sur l’instant et ce quelle que soit l’activité.

 

Anne-Laure : Être concentré sur le moment présent et de le faire en toute conscience. Pour prendre l’exemple de la nourriture. Une nourriture qui est fait en conscience est bien meilleure parce que si le cuisinier à couper les légumes en y mettant tout son cœur et on va le ressentir dans le plat qu’on va manger derrière.

 

Adrien : Espérons que ce soit un phénomène de mode qui dure alors. Que cela devienne finalement ancré dans l’entreprise. Cette prise de conscience doit être finalement prise du côté de l’entreprise et de chacun d’entre nous. Le rapprochement actuel des cultures orientales et occidentales comme on l’a évoqué ensemble dans le webinaire, tend vers cela.

 

Je vous remercie Anne-Laure d’avoir pris le temps d’être intervenue chez nous aussi bien pour le webinaire que pour ce podcast.

 

Anne-Laure : Avec plaisir !

 

Adrien : Merci et à bientôt !

 

Anne-laure : A bientôt Adrien et je vous incite tous à prendre du recul sur vos vies et pourquoi pas à commencer à pratiquer la méditation. Au revoir !

 

Adrien : Au revoir !

C’était la Tête à l’Envers, écouter différemment penser hors du cadre et agir autrement.

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